Nous vivons une époque paradoxale où les journées du patrimoine connaissent un engouement et un succès sans cesse grandissants alors que les associations qui donnent du sens et de la matière à ce même patrimoine rencontrent des difficultés de plus en plus grandes pour exister, se faire entendre et recruter des adhérents comme si la Société voulait privilégier la passivité du grand nombre par rapport à l’activité des individus.
Imperceptiblement le patrimoine est devenu une notion impersonnelle qui voisine dans nos esprits avec histoire, connaissance et culture générale. Nous aimons nos monuments, nos châteaux, nos musées comme témoins d’époques, de traditions, de moments de gloire révolus sans toujours bien percevoir qu’ils ne sont que la trace matérielle de l’action des hommes et des femmes qui nous ont précédés.
C’était un des objectifs des intervenants de cette journée HPS que de nous faire connaître et comprendre les conditions de la vie, les ambitions et les espoirs de tous ceux qui ont fait l’histoire de la Seyne.
Evelyne Maushart s’est intéressée à la sociabilité musicale à la Seyne à la fin du 19e siècle. Les sociétés musicales populaires se développèrent à cette époque principalement dans les milieux ouvriers où elles avaient un rôle de divertissement, d’éducation et de formation du goût.
Marie Claude Argiolas nous a présenté le travail collectif réalisé sur le quartier de la gare. Croisant les histoires de familles, de métiers, de fêtes, de traditions encore vivaces dans la mémoire des anciens elle a su redonner vie à cette époque.
Gilbert Buti a retracé l’activité au cours du XVIIIe siècle des marchands-caravaneurs qui ont développé un système de cabotage complexe dans les Echelles du Levant.
Joséphine Moretti nous a rappelé que le quartier Berthe connu aujourd’hui pour ses barres et ses tours a été depuis l’antiquité une riche région agricole. Au 19e siècle l’économie sera complètement modifiée par le développement des chantiers navals.
Corine Babeix a retracé l’histoire des jardins botaniques de la marine de Toulon et de Saint-Mandrier dont il ne reste plus que le souvenir et quelques vestiges. Elle a rappelé le rôle essentiel que ces jardins ont joué dans la connaissance et le développement des espèces végétales exotiques ainsi que dans l’exploitation des propriétés médicinales des plantes.
François Lépine a évoqué le douloureux sujet de la disparition des grands sites industriels à la fin du XXe siècle. Il a comparé les solutions mises en oeuvre dans chaque région pour requalifier les friches industrielles et redynamiser l’activité économique. Il a en particulier décrit les différents atouts à la disposition de la ville de La Seyne ainsi que les différents scénarios d’évolution possibles.
Toutes ces recherches, aussi variées qu’approfondies contribuent année après année à la reconstitution de l’histoire de La Seyne et de ses habitants. Cette ville est multiple, les étrangers à la région y sont nombreux et il est essentiel qu’un patrimoine aussi riche soit largement diffusé et partagé par tous car il peut permettre à chacun de se resituer dans une même histoire et d’envisager un avenir commun.
La cantine des chantiers (1962)
Architecte Alfred Henry. Bâtiment de référence de l’architecture des années 1960, démoli en mars 2006.