Gérard Fouchard
1891 : Alexandre Millerand
Quelles sont les relations entre FranceTélécom Marine et France Télécom ?
FTM est une filiale (à 100%) spécialisée de FT. Cette structure de filiale spécialisée permet de gérer les coûts et revenus de cette activité spécialisée (ici le travail à la mer) de manière séparée des autres activités de FT, ce qui permet en général de savoir si l’activité gagne ou perd de l’argent, et également de mettre en place une organisation et des règles de fonctionnement (par exemple sociales) plus adaptées que l’organisation et les règles générales de FT dont les besoins sont clairement différents.
Quelles sont les différences entre le téléphone le Minitel et l’Internet.
1. Le téléphone repose sur la mise en place d’un canal de communication bilatéral (et un seul) entre l’appelant et l’appelé. Selon les technologies utilisées, ce canal peut consister en un circuit physique, établi au début du 20ème siècle par « les « demoiselles du téléphone » et plus tard par des automates du réseau (les autocommutateurs) ou en un circuit virtuel (le même circuit physique est mis à disposition pendant un fragment du temps nécessaire à la transmission de l’information). L’information passant sur le canal peut avoir diverses formes (électrique, optique) et être codée diversement (analogique, numérique, etc.).
2. Dans l’Internet, il n’y a pas de canal de communication établi entre l’appelant et l’appelé. Ce n’est qu’une illusion qui provient de la très grande rapidité de traitement de l’information par le réseau. L’information est fragmentée en morceaux « digérables » par le réseau (un peu comme la Poste ou DHL) qui normalisent la taille des paquets. Les fragments d’information portent leur propre information de destination et les différents automates du réseau les serveurs) orientent pas à pas l’information dans les canaux intermédiaires jusqu’au destinataire final (comme la Poste ou DHL). La progression de l’information est asynchrone, (ce qui ne veut pas dire forcément lente) car chaque fragment d’information est traité de façon indépendante et peut suivre son propre chemin (comme la Poste ou DHL).
3. Le Minitel est une excroissance du téléphone, pas de l’Internet. Au niveau des services rendus, Minitel et Internet peuvent paraître assez proches (transmission numérique d’informations, automates-serveurs, banques de données). Cependant, contrairement à l’Internet, le Minitel fonctionne sur le principe du téléphone et établit une connexion physique avec un serveur pour échanger des informations, ce qui mobilise beaucoup de ressources du réseau et peut donc être assez coûteux. Par ailleurs, et là encore contrairement à l’Internet, le Minitel a historiquement été développé comme un système fermé par FT. Malgré ces caractéristiques rédhibitoires qui ont empêché l’exportation du Minitel, l’aventure du Minitel peut être considéré comme un succès car il a mis l’usager français « à l’étrier des services numériques » et il a inventé des pratiques de marketing innovantes qui seront reprises par les mobiles 15 ans plus tard (mise à disposition gratuite du terminal). Noublions pas non plus que le Minitel date de la fin des années 1970, tandis que l’Internet « moderne » (le web) date du début des années 1990 : un fossé technologique de 15 ans les séparent.
Pourquoi dites vous que les abonnés au téléphone ont permis le développement de l’Internet ?
L’évolution de l’Internet est lente jusqu’au début des années 90 aux Etats-Unis. Depuis 1995, il connaît une brutale explosion de la demande.
1. L’Internet trouve ses origines en 1969 lorsque les grandes universités et instituts de Californie (Standford et Santa Barbara) et de l’Utah sont reliés à l’université de Los Angeles (UCLA) pour partager des informations en réseau (réseau Arpanet – Advance Rechearch Project Advancy, département de recherche du Pentagone) grâce à un contrat de recherche en tirant parti du système Unix développé par ATT. Or, la FCC s’oppose à l’entrée d’ATT dans le monde des télécommunication et incite donc les universitaires régler eux-mêmes leurs applications informatiques.
2. En 1979, trois universitaires de l’université de Duke développent un protocole d’accès à distance aux banques d’information par l’intermédiaire d’un modem et le réseau téléphonique et le réseau Usenet se développe pour les besoins des universités américaines. A l’origine, personne aux Etats-Unis ne s’est soucié des coûts puisque ceux-ci étaient facturés directement aux universités. Par contre, à cette époque, le service téléphonique était coûteux pour les utilisateurs étrangers compte tenu du prix élevé des télécommunications internationales mais le réseau devient énorme compte tenu des besoins de la communauté académique. La baisse du prix des modems favorise le développe du service Usenet et en 1984, plus de 1000 sites sont en service dont plusieurs situés à l’étranger et il est possible de posséder sa boite aux lettres électroniques mais l’organisation du réseau est nécessaire et l’Internet est codifié sous sa forme actuelle. Usenet et Transpac sont deux réseaux contemporains de philosophie différentes.
3. En 1995, le réseau compte alors 30 millions d'itilisateurs dont 200 à 300.000 en
France et devient un instrument de connaissance. Or, c’est en 1995 que le premier système transatlantique à amplification optique est mis en service, il offre une capacité de transmission (40 Mbit/s) 40 fois supérieure à celle du premier câble transatlantique de 1988 (1 Mbit/s). Lors de la mise en service, un ingénieur découvre que la capacité du câble peut être facilement multipliée par 3 en installant deux terminaux supplémentaires aux extrémités. Evidemment, cela pose un problème aux constructeurs qui envisagent déjà de fermer leurs usines de fabrications et aux opérateurs (ATT, France Télécom et autres..) car le téléphone n’utilise pas 10 % de la capacité disponible. Que faire des 90 % restant ?
Il est alors décidé de l’utiliser toute cette capacité disponible pour faire de l’Internet gratuit. Il y a un bon côté puisque les clients achètent des ordinateurs personnels (Compac, HP ou Dell) pour faire de l’Internet. La méthode commerciale est donc à l’opposé de celle utilisée pour la commercialisation du Minitel. Les abonnés continuent à payer le téléphone fort cher, bien qu’ils ne disposent que de 64 kBit/s alors que l’Internet utilise 10 à 20 fois plus de capacité. L’industrie est sauvée, on continuera à poser des câbles sous-marins. Aujourd’hui, ceux-ci fournissent plus de 90% des artères de télécommunications mondiales, les satellites seulement 5 à 10 %. Il y a une morale puisqu’en 2005, grâce au logiciel Skype, chacun peut télécharger gratuitement sur l’Internet et téléphoner gratuitement aussi longtemps que nécessaire.
Lucas Martinez
L’âge d’or de la rade
Question : A partir de quand y a-t-il eu une liaison capitalistique entre Schneider-Le Creusot et La Seyne-surmer ?
L.M. : Schneider dans les années 1880 a acquis une par-tie des établissements du Havre spécialisée dans la construction de l’artillerie. Mais Schneider n’a pas eu le contrôle des chantiers de La Seyne.
Question : Quand la construction des navires de guerres s’est-elle arrêtée à l’Arsenal ?
L.M. : L’arsenal n’a plus construit de gros navires bien avant la Seconde Guerre. Mais cela était en germe dès le début du 20ème siècle puisqu’on pensait à une spécialisation des arsenaux. Brest par exemple devait construire les grosses unités et Toulon conservait seulement l’entretien de la flotte.
Question : Ce complexe militaro-industriel était-il cohérent face à leur rival de l’Atlantique ou est-ce que Toulon-La Seyne étaient en concurrence ? ou Toulon en concurrence avec Brest, La Seyne avec Brest, etc ?
L.M. : Au XIXème siècle, les relations étaient plus personnelles que çà. Le conseil d’amirauté envoyait un rapport au conseil des travaux qui envoyait le cahier des charges précisant les caractéristiques principales du navire, adressés dans les arsenaux et dans les chantiers privés. Puis le conseil des travaux examinait chaque projet présenté non par une société mais par un ingénieur (même s’il représentait une société). Une rivalité apparaissait au niveau des conceptions. Celui qui avait l’idée la plus intéressante pour le comité des travaux était retenu.
Intervention de madame l’adjointe au patrimoine : Madame Cyrulnik se réjouit que des jeunes gens comme Lucas Martinez s’intéressent à l’histoire des chantiers navals seynois et rappelle la très intéressante visite des chantiers guidée par Lucas, dans le cadre des journées du patrimoine. Dans le parc paysager à venir, il est très important, précise-t-elle, de conserver la mémoire des lieux et un parcours sur le site lui semble une excellente idée.
Question : Dans ce chantier, il y avait beaucoup de main d’oeuvre immigrée qui n’avait pas le droit d’aller travailler à l’arsenal, ce qui créait quelques difficultés pour différentes commandes militaires.
L. M. : Cela posait problème quand une partie de la commande incluait un travail effectué par des ouvriers des Forges et Chantiers dans l’enceinte de l’arsenal. Dans tous les marchés, il était précisé que les ouvriers envoyés à l’arsenal de Toulon devaient être de nationalité française. Les chantiers encouraient une amende si des ouvriers non français étaient interceptés, en fraude, dans l’arsenal de Toulon.
Question : Les chantiers de La Seyne ont toujours fait des travaux de qualité, reconnus, transport de gaz, plateforme de forage, jumboïsation et tout le secteur terrestre destiné à diversifier le travail pour faire face à la baisse d’emplois. La qualité du travail des ouvriers et des ouvriers étrangers n’est pas à mettre en cause. Quand on faisait venir des gens d’Italie, on prenait des gens qualifiés. Ce critère de qualité est toujours resté. Je souhaite qu’on utilise des moyens techniques modernes de l’image, par exemple, pour mettre en valeur 150 ans de l’histoire de la ville.
Question : Nous regrettons tous la perte du savoir faire des ouvriers de valeur.
HPS : C’est pour çà que nous sommes tous très tristes quand on entend que les ouvriers ne suivaient pas. L’intervention de Lucas, l’année dernière aux journées du patrimoine, nous a montré que, depuis que les chantiers existent, ils ont « surfé » sur le haut de la vague et ont toujours essayé d’anticiper les demandes, de chercher et de trouver la solution à la question posée. Si les chantiers ont fermé ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas la solution, ni parce qu’ils ne faisaient rien.
Question : On peut faire le lien avec ce qui a été dit ce matin sur les câbliers. Il y a une décision politique dernière. Est-ce que le coût de la main d’oeuvre n’était pas intéressant pour ces travaux de la Marine ?
L.M. : Certains travaux de réparation devaient être effectués sur des bâtiments de la Marine et la commission du marché des travaux du port a considéré qu’il serait plus intéressant de confier ces travaux aux chantiers de La Seyne. Ce sont des considérations d’ordre technique plus que financière qui primaient. Ce qu’on confiait aux chantiers privés, à La Seyne et ailleurs, c’était moins pour économiser de l’argent que pour permettre à l’arsenal à se consacrer à d’autres travaux.
HPS : La main d’oeuvre aux chantiers de La Seyne était mieux payée qu’à l’arsenal. Les ouvriers de l’arsenal partaient un, deux ou trois ans pour travailler aux chantiers, puis ils revenaient. Dès que les travailleurs de l’Etat avaient un peu de formation, ils s’en allaient. Pourtant à l’arsenal, ils bénéficiaient d’une structure sociale, d’une retraite. La Marine a pris des mesures pour fixer la population ouvrière. C’est ainsi qu’est né ce système où l’on favorisait l’entrée des enfants d’ouvrier de l’Arsenal en leur attribuant des points supplémentaires, au moment des examens d’entrée. Cette tradition a donné naissance à des dynasties ouvrières. Mais cette mobilité professionnelle est assez générale dans le monde du travail à cette époque.
Question : La période entre 1850 débuts de la vapeur et 1880-début de la colonisation correspond à la montée en charge de la Marine, le ministère de la Marine devient celui de la marine et des colonies. Il fallait beau-coup de petites unités, des canonnières, par exemple, pour aller guerroyer en Indochine, à Madagascar. En-suite on prépare la guerre de 1914. On construit de grosses unités, de gros cuirassés, c’est la course aux tonnages entre les futurs belligérants. La Marine a un plan de charge qui ne fait que s’accroître et embellir et il y a de la place pour tous. Et à La Seyne, les chantiers ont la possibilité de s’agrandir.
L.M. : A cela il faut ajouter la vision stratégique de la Marine à cette époque. La Jeune Ecole (courant de pensée de stratégie navale) favorise le torpilleur qui met en oeuvre cette nouvelle arme, la torpille automobile, développée pendant la guerre de sécession en 1860. Entre les années 1870 et 1910, la construction de torpilleurs a connu un véritable boom. On en a construit plus de 300 au détriment des grandes unités. Au début du 20ème siècle la doctrine mahaniste (développée par le capitaine Mahan) a provoqué un changement de la conduite de la marine française. On a délaissé les torpilleurs et l’on s’est remis à construire de grandes unités, il y a donc une montée en puissance. Phénomène remarquable pour les chantiers, les FCM ont pu construire, sur leurs propres plans, le Jauréguiberry compris dans une série de cinq bâtiments, tous différents. Mais, du point de vue de la Marine, c’était catastrophique, car quand on construit cinq navires de même série, mais tous différents, cela pose des problèmes de logistique, de formation, d’efficacité. Aujourd’hui, les historiens maritimes considèrent que cette période d’échantillonnage de la flotte française est une véritable gabegie. On est revenu sur cela au début du 20ème siècle et l’on s’est remis à construire des séries plus homogènes. Les chantiers ont atteint leur apogée avec la construction du Jauréguiberry, les navires suivants le Montcalm, le Sully, le Patrie, le Justice, le Paris, etc, ont été conçus par la Marine. Toujours en fonction des choix stratégiques, on n’a plus construit de cuirassés conçus entièrement par les Forges et Chantiers.
avant la 2ème guerre
Lionel Roos-Jourdan
L’institution Sainte-marie
Question : Quelles étaient les origines géographiques des internes des « Maristes »
L. R.-J. : Dans les années 1930, c’est difficile de le savoir. Au moment de la distribution des prix, on cite Monsieur X de tel endroit. L’établissement a un recrutement qui est faiblement local (La Seyne) de 10 à 15% des élèves. L’agglomération Toulon-La Seyne représente 25 à 30 % des élèves, puis vient le reste du département et les départements limitrophes, et puis aussi un recrutement national et colonial. L’internat à cette époque fonctionne en continuité. Hormis la période d’été, des élèves restent là tout le temps. Certains sortent pour des vacances chez un correspondant. C’est un internat et des internes viennent d’assez loin, d’autant que les moyens de se déplacer sont plus difficiles. Pour les familles, l’internat est un choix en matière d’éducation, donc on a un recrutement local, régional et national. Pendant longtemps il y a eu une tradition des gens qui vivaient dans l’empire français. Ils avaient souvent des liens à Toulon, sous forme de correspondants pour des sorties ou des vacances intermédiaires.
Question : Où sont les archives de l’école des Maristes ?
L. R.-J. : Il y a des archives dans l’établissement, plus ou moins classées par les « Anciens élèves ». C’est le problème de l’ensemble des établissements maristes et c’est la même chose pour les établissements publics d’ailleurs, on a de gros soucis en matière de recherche historique, il n’y a pas de politique d’archivage. En clair, les documents disponibles sont des journaux d’anciens élèves, des bulletins solaires. Les archives historiques des Maristes, proprement scolaires sont difficilement accessibles. En début d’année les élèves reçoivent un annuaire, avec les emplois du temps, les thèmes enseignés, les ouvrages à fournir. Ce qui nous donne une idée générale des programmes, mais nous n’avons pas d’élément pour déterminer les aspects pédagogiques par exemple. Souvent peu de gens ont eu l’occasion de rentrer dans les bâtiments, c’est un monde un peu fermé qui par certains côtés s’opposerait à la ville. Or l’établissement s’inscrit, on le voit à partir des évènements de l’entre-deux-guerres, dans l’histoire de la ville.
Question : Pouvez-vous préciser les conditions de la préparation à l’école navale ?
De 1854 à 1924, c’est trois ou quatre élèves de Sainte-Marie qui rentrent chaque année à l’école navale. Parmi les plus célèbres qui sont sortis, l’amiral Muselier, l’amiral Kramtz, l’amiral Vautrin en poste dans la région en 1924. Pour une dizaine d’années, il y a eu une préparation à l’école militaire de Saint-Cyr mais qui n’a pas perduré. Cela montre les liens avec la Marine. Dans le recrutement des élèves, les milieux maritimes ont soutenu fortement l’établissement en y mettant leurs enfants. Ces liens sont plus forts encore dans la mesure où les Maristes ont été parmi les premiers missionnaires en Océanie. Si la Nouvelle-Calédonie est française, ce n’est pas grâce à la Marine française mais grâce aux Maristes. Ils ont été les premiers à s’y implanter. Cette tradition de liens avec la Marine a duré au moins jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et même un peu après. Ce cours de l’école de navale attirait d’autant qu’avec les Jésuites du côté de Brest, ils étaient les seuls. Sinon ce sont les grands établissements d’Etat qui préparaient à l’école navale.
Question : N’y avait-il pas de préparation aux Arts et Métiers ?
L. R.-J. : L’établissement s’est orienté vers un cursus essentiellement d’enseignement général, Lettres, Sciences. En 1905-1906, on a ouvert une section moderne pour une orientation plus professionnelle. Abandonnée rapidement, elle ne correspondait pas à la clientèle de l’établissement qui appartenait au milieu maritime, à celui des propriétaires terriens, au milieu de l’artisanat, du commerce, avec au cours du siècle un glissement vers les classes moyennes.
Question : Aujourd’hui, combien y a-t-il d’écoles des Maristes ?
L. R.-J. : Ollioules, La Seyne, Lyon, Senlis, Rians, Bury Rosaire. A Paris, le 104 rue de Vaugirard a été une maison d’étudiants avec des personnages célèbres. « Les Maristes » concernait l’enseignement secondaire destiné à la bonne bourgeoisie, mais c’était valable aussi dans le public, formation destinée à une certaine élite. C’est moins le nombre qui compte que l’influence qu’ils ont pu avoir.
Question : Comment les Maristes sont-ils devenus de bons spécialistes de l’éducation alors qu’au départ, ils n’étaient pas des professionnels comme les Jésuites ?
L. R.-J : Après la Révolution, les congrégations sont refondées. Pour palier aux difficultés que l’on a connu après la Révolution, les futurs Maristes sont « pères missionnaires » dans les campagnes. Ils prennent conscience de l’importance de l’éducation, dans l’Ain tout d’abord avec Colin fondateur des Maristes. Puis ils fondent des établissements que la loi Falloux de 1850 va favoriser. Ils trouvent une spécialisation dans l’éducation, un des apostolats principaux, avec des missions en Océanie. Ces deux activités forgent la congrégation.