Cahiers avril 2004

Marie-Thérése PINKAS

En parcourant les registres paroissiaux (registre de 1719, folio1)

Cet enfant était donc « né mort » : le baptême n’était pas possible, ni l’ondoiement qui aurait pu être pratiqué par la sage femme ou toute personne se trouvant là (à l’exception des père et mère) , mais sur un enfant encore vivant, même pour un instant.

On se résignait à la mort du corps, lorsque l’âme avait été sauvée et allait droit au paradis. Mais sans ondoiement ni baptême, le cadavre n’était pas enseveli en terre chrétienne (il l’était n’importe où, ou dans une fosse commune réservée aux décédés sans sacrement) et l’âme restait en peine…

Etait alors, parfois, tenté l’ultime recours au miracle, demandé à Dieu et à la Vierge, dans un « sanctuaire à répit », lieu saint connu des habitants.

C’est « quelqu’un de ses parens » qui emmène l’enfant à Toulon, et le dépose au pied d’une croix située « vers la porte de la valette ». On n’espérait pas un retour à la vie, mais le rappel d’un reste de sensibilité avant la décomposition et la séparation définitive de l’âme et du corps, quelques « signes de vie » (mouvements, couleur, bruit, température…), suffisants pour permettre l’ondoiement.

On peut imaginer l’attente, les prières et l’espoir des témoins. Après quel délai le miracle a-t-il eu lieu, suffisant pour que l’enfant puisse être ondoyé « par une femme qui fut là présente » ?

Il faut alors témoigner de la validité des faits devant l’Évêque, obtenir sa permission pour que l’enfant (sans prénoms, car seulement ondoyé), puisse être enterré.

Sur un plan de Toulon datant de1782, cette croix, à côté d’une fontaine, se trouvait entre l’ancien cimetière de l’est et le Champ de mars.

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