Cahiers septembre 2005

Yolande Le Gallo et Françoise Manaranche

Bref historique d’un bâtiment de la société industrielle seynoise : l’ex-clinique des chantiers

En 1845, l’ingénieur anglais Philippe Taylor rachète les chantiers Lombard situés en bordure du quartier de La Lune, quartier de pâtures et de prés. La nouvelle société des Forges et Chantiers du Midi allie innovations techniques et pratiques sociales originales (société de secours pour les ouvriers malades, formation des ouvriers dans les nouveaux métiers du fer, horaire journalier réduit, abri aménagé en guise de réfectoire etc.).

Taylor et fils cèdent la société anonyme des Forges et Chantiers du Midi à l’équipe d’Armand Béhic. La société anonyme des Forges et Chantiers de la Méditerranée créée en 1856 ne tarde pas à s’étendre à l’Est de la ville dans le quartier des Mouissèques et au Sud vers le quartier de la Lune, tandis qu’au Sud-est, la nouvelle société anonyme d’éclairage au gaz de la ville de La Seyne, réunissant dans son conseil d’administration des cadres des FCM, acquiert, en 1864, les terrains nécessaires à l’installation de la nouvelle usine à gaz.

Le bâtiment qui sera 100 ans plus tard « la clinique des chantiers » est construite en 1862 et acquise par Auguste Maurel, marchand de vin, dans la rue du Palais (actuelle rue Berny). C’est une maison bourgeoise de 2 étages sur rez-de-chaussée dont la façade principale donne dans le boulevard Béhic et fait face à la nouvelle porte d’entrée de la Société des forges et chantiers.

En ce début des années 1860, la population seynoise s’accroît, et pour travailler « aux chantiers » les Piémontais commencent à affluer. Les Italiens s’installent dans les « bidonvilles » du quartier de La Lune qui borde les chantiers…le quartier est actif, vivant, bruyant, peut-être un peu trop ! Il est surtout rendu insalubre par la surpopulation et la stagnation des eaux polluées des ruisseaux qui y courent. Quand en 1865, le choléra atteint la ville de la Seyne, il est probable qu’Auguste Maurel fait ce que font tous les Seynois qui le peuvent : ils quittent la ville pour se mettre à l’abri sur les hauteurs plus aérées, plus saines. Mais peut-être a-t-il déjà, avant l’épisode du choléra, laissé sa bastide, puisque très rapidement, pour faire face à l’épidémie et donner les soins nécessaires dans ce quartier durement touché, la bastide est aménagée par la direction de la société des Forges et Chantiers pour recevoir une quarantaine de lits. Les FCM répondent enfin aux demandes d’aide réitérées par la municipalité de Martel Esprit dont l’un des adjoints, Nicolas Chapuis, est mort pendant le choléra.

Le bâtiment est acheté, définitivement, par les F.C.M. en 1868. « Ambulance » de l’usine, elle admet les blessés qui y reçoivent les premiers soins. Le bâtiment conserve cette fonction jusqu’au début des années 1940, date à laquelle il devient la « clinique » où les médecins Tolance et Weil officient. Jusqu’à la fin des années cinquante, elle reste la clinique du docteur Tolance où de nombreux Seynoises et Seynois sont nés ou se sont fait soigner.

Le comité d’entreprise des F.C.M. s’y installe en 1961. La bastide accueille les services administratifs du C.E., le service social, la commission des sports et celle de l’Enfance, ainsi que la pharmacie des Chantiers.

Il y a quatre ans, la bâtisse rénovée recueillait l’AMIANS. Elle renferme encore des archives médicales et les précieuses archives syndicales conservées et classées sous l’égide de Baptistin Colonna, président actuel de l’AMIANS.


Maison Pagès devenue Mairie annexe à La Farlède.

2005...Cette belle bastide provençale en pierre, reconnue saine et réhabilitable par l’architecte des bâtiments de France, offre une importante superficie habitable. A l’image de la maison Pagès à La Farlède, bâtiment de la même époque devenue mairie annexe (salle des mariages), l’ex-clinique restaurée aurait belle allure comme maison des étudiants ou lieu des mémoires de la ville ou maison des associations. Les propositions ne manquent pas.

Sources :
Sommaire 2005