Cahiers septembre 2005

Francis Lyon

Depuis que les portes du chantier se sont fermées...

Depuis que les portes du chantier se sont fermées un vingt huit juillet de l’année 1988, notre ville aura longtemps tergiversée pour rendre cet espace rendu vacant, vivable. La précipitation de la démolition des ateliers, cales de lancements, bureaux et autres infrastructures à atteint son but longtemps inavoué, mais tant espéré par certains, rendre enfin possible l’affairisme touristique sur notre belle commune de la Seyne que les politiques européennes appelaient de leurs vœux depuis les années soixante dix. En effet, de refus en atermoiements, les possibilités d’avoir une certaine continuité d’emplois avec des activités de petites constructions ou réparations de navires pouvant s’insérer sur une partie du site ont été rendues caduques.

A contrario, la Ciotat qui a su garder les bases de ses chantiers navals, a favorisé la venue d’une kyrielle de petites entreprises liées aux activités maritimes créant ainsi un millier d’emplois.

N’en demeure pas moins que dix sept années sont passées et que maintenant il nous faut tourner la page. Soit, mais l’orientation économique prise aujourd’hui, pariant sur un tourisme d’affaire, une venue importante de population extérieure s’investissant dans un immobilier huppé et onéreux, ne va t’elle pas plomber une population autochtone en mal de vivre ?

Osons espérer que non, mais le scepticisme demeure.

Les travaux du futur parc paysager étant entamés, ceux ci vont permettre la mise en construction d’un futur hôtel sur le port, un réalignement du boulevard Toussaint Merle, une mise en valeur des futurs immeubles en construction et à construire. Le port de plaisance de six cent anneaux viendra compléter cet agencement touristique d’importance dans lequel nous dit-on la culture sera incluse avec un pôle théâtral, un centre de conférence, un musée de la construction navale. Est-ce que la population de notre ville sera associée à leurs contenus ?

La question vaut d’être posée, tant jusqu'à présent, malgré la présentation globale du projet mainte fois retouchée, les associations représentatives de la ville se sentent peu écoutées.

N’aurait-on pas pu garder l’ancienne clinique acquise par les Forges et Chantiers de la Méditerranée en 1868, haut lieu de mémoire de notre ville ? N’aurait-on pu garder et rénover l’ancien restaurant libre service de la société Nord-Med, en faire un centre associatif dont notre ville manque cruellement ? En fait, sous couvert d’un parc paysager si beau soit-il, satisfaisant sans doute les promeneurs de notre cité, nous assistons à un véritable raz de marée immobilier transformant durablement le visage de notre ville. Il faut se moderniser nous dit-on. C’est évident, peu d’entre nous désirons revenir au siècle dernier. Par contre, beaucoup ne veulent peut être pas voir les terrains communaux, et autres parcelles appartenant aux contribuables s’en aller à des sociétés privées plus soucieuses de leurs propres intérêts que ceux des citoyens. Il semble que la concertation sur ce sujet épineux manque cruellement d’envergure.

Sommaire 2005