L’association du Comité local des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) de La Seyne sur mer, aidée par les Amis de la Résistance, des Relais de la Mémoire et même parfois par notre association s’est donnée la mission de faire connaître aux Jeunes Seynois et Varois d’aujourd’hui comment ils surent pendant leur jeunesse prendre la responsabilité de s’élever contre l’oppresseur dans un élan patriotique qui les a parfois amené à devenir des héros.
De collèges en lycées, de conférences en expositions, le Docteur Raybaud, Maurice Oustrières, Josette Vincent, l’ancien matelot Cardot racontent leur parcours, racontent comment à 20 ans et même moins, pendant l’occupation nazie, on découvre les valeurs patriotiques et on agit avec des moyens parfois très modestes pour faire connaître d’abord à l’ennemi que l’esprit de résistance n’est pas un vain mot et aux concitoyens qu’il est possible de réagir même dans des circonstances graves et de participer à la Libération du Pays.
Et puis, parfois, ils écrivent leur propre histoire qui, pendant un certain a côtoyé l’Histoire même de leur pays. C’est le cas de Maurice Oustrières, dans « La Nuit Montalbanaise » parue aux éditions Alan SUTTON, où il raconte comment de jeunes Lycéens surent très tôt se regrouper en un mouvement qui se structurera autour de la Phalange antinazie (la PAN) et de son journal « l’Etincelle ».
La Nuit Montalbanaise, c’est cette prise de conscience de jeunes gens leurs décisions d’entrer en action, leurs questionnements leurs hésitations dans les passages à l’acte et puis leur rencontre avec les autres structures résistantes qui les a amenés dans la Résistance plus active et armée.
Mais aussi, il raconte, dans sa ville assombrie par l’Occupation (ténèbres épaisses, ampoules électriques camouflées….) où, malgré tout, des jeunes garçons et de jeunes filles partageant en ces circonstances un même lycée, le lycée INGRES, s’écrivent sans même se connaître ou se voir des lettres pleines d’espoir en la vie, la vie au quotidien avec ses rires ses peurs et ses larmes.
Et puis l’action de plus en plus dense, de plus en plus proche du danger et l’émergence d’un héros, l’ami de toujours, Louis SABATIE qui deviendra malgré son jeune âge une des figures les plus marquantes des Martyrs du Tarn et Garonne. Fusillé par les Allemands à l’âge de 19 ans sans qu’ils aient pu lui arracher la moindre information, il n’aura dénoncé aucun de ses amis résistant à ses côtés. Ses derniers écrits adressés à sa fiancée témoignent de son immense espoir dans la vie.
« Je meurs la tête haute, mais je veux que tu vives. »
Maurice Oustrières deviendra sous-lieutenant FFI.
Aujourd’hui il a 81 ans, il est le Président du comité local des Anciens Combattants de la Résistance de La Seyne sur mer. Dans sa modestie, sa simplicité à transmettre la mémoire des actes accomplis par de jeunes Résistants, dans son choix de s’adresser en particulier aux jeunes collégiens et lycéens, il témoigne aussi de son espérance dans les valeurs morales de la jeunesse et dans l’avenir.