Villa Tamaris, mai 2003.
La qualité des interventions et du débat (du vendredi matin) ajoutée à la beauté des lieux ont contribué à me procurer un de ces moments précieux que l'on a envie de partager.
J'ai découvert avec Louis Miquel natif d'Algérie et ami de Camus et de Simonet, toute une école d'architecture qui, après guerre, dans l'esprit de Le Corbusier ,a créé un répertoire d'éléments architecturaux puisé dans la culture et les constructions arabes : séparation du privé et du public (les chambres et les salles de séjour en dupleix), utilisation des claustras , moucharrabiehs, brises- soleil pour filtrer la lumière.
Ces architectes ont prêté une attention toute particulière au milieu local (aussi bien étude des traditions populaires en Provence qu'en Algérie), pour arriver à une architecture moderne universelle.
L'architecte tunisienne Leila Ammar a abordé une question d'actualité à partir du projet en cours de réalisation de la nouvelle medina d'Hammamet : comment construire une médina moderne qui réintègre tout le patrimoine architectural arabo- musulman (importance des places et des fontaines), de Séville à Istamboul en passant par l'Iran ?
Les Tunisiens se réapproprient toute une culture et un savoir-faire en partie oublié.
Mais n'est-ce pas aussi une image d'eux-mêmes qu'ils donnent à voir et à consommer à une clientèle de touristes (que l'on espère de qualité) ?
Ne touche-t-on pas là à l'heur et au malheur de la mondialisation ?