Le 17 mai au Foyer de la jeunesse à Toulon, la LDH a organisé une journée de rencontre sur le thème « D'une rive à l'autre de la méditerranée », consacrée à la mémoire et à l'histoire de la guerre d'Algérie et aux effets de cette histoire dans la vie quotidienne aujourd’hui.
Plusieurs témoins ont raconté leur vécu.
Dix ans après, revenue en France, elle a voulu comprendre les causes de ce drame en s'intéressant à l'histoire.
Après le récit poignant de ces témoins, l’historien Jean Jacques Jordi a montré comment, maintenant que les mémoires se verbalisent, il est nécessaire et peut-être possible de construire une histoire commune à partir de ces mémoires contraires , confrontées.
Jean Jacques Jordi a donné deux exemples.
Même parmi les pieds-noirs, il existait une ségrégation sociale stricte : au sommet de la hiérarchie les Français dits de France puis ceux du sud de l'Europe. En bas de l'échelle les juifs séfarades, naturalisés français depuis 1870, devançaient les arabes.
Jean Jacques Jordi a conclu sur l'idée qu'il fallait sortir d'une histoire instrumentalisée, faisant des uns des victimes, des autres des coupables.
En rappelant des faits, l'historien peut réconcilier les mémoires opposées, permettre d'oublier parce que l'on sait tourner la page et se tourner vers l'avenir.
Cette après-midi passionnante a fait la démonstration que grâce à la force du témoignage et à la mise à distance par l'histoire, une écoute un échange étaient possibles entre des Toulonnais (et des Seynois) qui ne se rencontrent pas.